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Les forêts brûlent, les pompiers meurent, le capital engrange dividendes et cadeaux.

  • lemaraudrevolte4
  • il y a 12 heures
  • 3 min de lecture

photo: Le Monde




Chaque été, le même cirque écœurant recommence. Le ciel vire à l'orange, l'air devient irrespirable, des écosystèmes entiers sont dévorés par les flammes et des populations sont jetées sur les routes. Au milieu du brasier, des pompiers épuisés et sous-équipés vont au charbon avec des bouts de ficelle. Et pendant ce temps-là, les parasites du pouvoir paradent.


D'un côté, la Macronie — les Macron, Attal et consorts — déroule sa commisération surjouée devant les caméras, la mine de circonstance, en promettant pour la vingtième fois une « mobilisation générale » et des flottes de Canadair fantastiques qui n'arrivent jamais. De l'autre côté de l'hémicycle, toute la meute des politiques de tous bords, de la gauche bourgeoise au Rassemblement National, y va de sa petite larmichette et de son chouinage électoraliste. Ils pleurnichent sur les plateaux TV, dénoncent le « manque de moyens » et accusent le gouvernement du moment, tout en préparant déjà les prochaines élections pour venir s'asseoir dans les mêmes fauteuils et appliquer les mêmes politiques de crevards. Ils font tous partie du problème : qu'ils soient au pouvoir ou qu'ils aspirent à l'être, la caste politique ne sert qu'à une seule chose, gérer la machine à broyer les vies.


Les avions bombardiers d'eau promis en grande pompe ne sont que du vent. La réalité dans les casernes, c'est du matériel à l'agonie, des appareils cloués au sol faute de pièces détachées, des effectifs exsangues et une pression inhumaine. L'État traite la sécurité de nos vies et la survie de nos forêts comme de simples lignes budgétaires à raboter.


Cette gestion comptable criminelle a un coût humain terrible : des pompiers meurent au feu, d'autres ressortent mutilés, brisés, sacrifiés sans vergogne. On les applaudit le jour, on les envoie au massacre le soir, et on refuse de donner le moindre euro pour leur assurer le strict minimum. Ces morts ne sont pas de tristes accidents, ce sont des assassinats d'État.


La rengaine est toujours la même, il n'y aurait prétendument « pas d'argent magique » pour les hôpitaux, pour les écoles, pour les Canadair ou pour les salaires des secours. C'est un mensonge pur et dur. L'argent coule à flots, mais il prend une trajectoire bien précise. Selon le rapport de la commission d'enquête du Sénat sur les aides publiques aux entreprises, l'État injecte chaque année la somme astronomique de 211 milliards d'euros sous forme de subventions, d'exonérations et de cadeaux en tout genre aux patrons.


Ces 211 milliards d'euros par an sont là pour gaver les actionnaires du CAC 40, financer les dividendes des nantis et engraisser le patronat sans aucune contrepartie. D'un côté, la classe dominante a droit à 211 milliards de tapis rouge et d'impunité totale ; de l'autre, les travailleurs du feu et les populations récoltent des promesses creuses, des casernes en ruine, du matériel fétide et des larmes de crocodile aux infos de 20 heures.


Qu'on ne vienne plus nous parler de reconstruire l'État ou d'attendre la bonne loi du prochain député à la mode. L'État n'a jamais été là pour nous protéger, il est le flic, le banquier et le pyromane, le bras armé d'un capitalisme qui détruit le vivant pour du profit à court terme. Les politiciens qui chouinent aujourd'hui voteront les budgets d'austérité demain, et nous n'avons rien à attendre de leur cirque électoral ni de leurs ministères de la honte.

Face à la barbarie d'un système qui préfère voir la planète brûler plutôt que d'entamer les profits du patronat, une seule voie s'impose : l'action directe, la solidarité populaire au bas de l'échelle, l'auto-organisation des secours et le contrôle direct des communes et des forêts par celles et ceux qui y vivent et les défendent. Leurs milliards ne nous sauveront pas, leurs bulletins de vote non plus. Seule la lutte solidaire éteindra l'incendie.


Les chiffres concernant le gavage systématique des entreprises à hauteur de 211 milliards d'euros annuels sont tirés du rapport officiel de la commission d'enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises, constituant la preuve irréfutable de la collusion permanente entre le pouvoir politique et la classe capitaliste.


 
 
 

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