Le spectacle du capital et la voix du maître public.
- lemaraudrevolte4
- il y a 12 heures
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Anatomie de l'aliénation médiatique
« La dictature parfaite aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude. » Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes
La télévision n'a jamais eu pour fonction d'informer, mais de canaliser, de pacifier et de fabriquer le consentement. À l'heure où le mode de production capitaliste touche à ses limites écologiques et sociales, les écrans ne servent plus seulement de vitrine à la marchandise : ils sont devenus le laboratoire de la contre-révolution préventive.
Qu'il s'agisse des chaînes privées du grand capital ou des antennes de l'État, la fonction reste identique : maintenir l'ordre marchand et étouffer toute étincelle de révolte. Quand un système économique et politique ne peut plus offrir le moindre avenir, il ne vend plus que de la peur, de la soumission et du poison identitaire.
Chiens de garde du Capital et commis de l'État : La tenaille médiatique
« En réalité, la pensée est déjà bannie, la liberté de penser supprimée. Le journalisme télévisé s'assure simplement que personne ne réalise à quel point la vérité a été remplacée par du divertissement. »George Orwell, Essais et articles
L'illusion du pluralisme et de la « liberté de la presse » s'effondre dès qu'on regarde qui tient la laisse. D'un côté, une poignée d'oligarques et d'impérialistes de la finance s'est approprié les flux d'images sur CNews ou BFM TV pour injecter quotidiennement leur venin réactionnaire. De l'autre, l'État administre son propre appareil d'endoctrinement via l'audiovisuel public : France Télévisions (France 2, France 3, France 5, France Info), Radio France (France Inter, France Culture, France Info), France Médias Monde ou encore LCP / Public Sénat.
Il n'y a pas d'un côté de « bons » médias d'État et de « mauvais » médias privés. La presse publique est l'organe d'officialisation de la parole bourgeoise, maquillée sous un vernis de « neutralité républicaine » et de « civisme ». Elle prépare le terrain idéologique, criminalise les luttes et légitime la terreur sociale, tandis que le privé pousse à la surenchère autoritaire. Public et privé sont les deux mâchoires d'un même piège tendu au prolétariat.
Le patriotisme de papier des exilés fiscaux
« Le patriotisme est le dernier refuge de la canaille, mais dans le monde moderne, les canailles ont aussi trouvé refuge dans les paradis fiscaux. »George Orwell, Le Lion et la Licorne
L'imposture atteint son sommet dans le discours des croisés du nationalisme, complaisamment relayé sur les plateaux commerciaux comme sur les chaînes de service public. Ceux qui financent ces médias ou s'y pavanent se drapent dans le drapeau et prétendent défendre « les Français de souche ». Pourtant, ces mêmes capitaines d'industrie et éditorialistes vedettes empilent leurs fortunes dans des paradis fiscaux, soustrayant chaque année des milliards à la collectivité.
Leur nationalisme n'est qu'une imposture de classe, un outil de maintien de l'ordre. Ils aiment la patrie comme on aime un parc privé : pour en exclure les pauvres tout en refusant d'en payer l'entretien. Tandis que les hôpitaux s'effondrent, que le coût de la vie asphyxie les prolétaires et que la précarité tue, ces exilés fiscaux et ces hauts fonctionnaires fêlés distribuent des brevets de « francité » depuis leurs comptes offshore.
La fabrique de l'imbécilité : Télé-poubelle et lobotomisation de masse
« Une vérité n'a pas de valeur pratique si elle n'est pas répétée sans cesse. La masse préférera toujours un divertissement abrutissant à une vérité dérangeante. »Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes
L'appareil spectaculaire ne se contente pas de falsifier l'information : il détruit la capacité même de penser. Pour garantir la docilité des exploités, le capitalisme tardif s'appuie sur une véritable industrie de l'abrutissement. Des programmes de télé-réalité (Les Anges, Secret Story) aux divertissements aseptisés du service public, le mécanisme reste identique : vider les cerveaux de toute substance.
En gavant les esprits d'inculture crasse, de vulgarité érigée en modèle et de futilités scénarisées, le système évince méthodiquement la culture générale et la mémoire historique. Un peuple privé de mémoire est un peuple sans défense, incapable d'analyser son exploitation et d'organiser sa libération. On fabrique ainsi un prolétariat amnésique, obnubilé par des guerres d'égos de lofteurs pendant que le pillage social s'exécute en coulisses sous la bénédiction des ministères.
Le grand vertige du monde à l'envers : La comédie parlementaire
« La guerre, c'est la paix. La liberté, c'est l'esclavage. L'ignorance, c'est la force. »George Orwell, 1984
Une fois la population anesthésiée par le gavage audiovisuel, le pouvoir peut opérer le renversement absolu des concepts. Nous vivons l'ère d'une dystopie accomplie où les mots sont systématiquement vidés de leur sens. Avec la complicité active du gouvernement, des partis de droite, de gauche et de leurs satellites électoraux, la réalité est falsifiée :
Les fascistes de la veille sont présentés comme les ultimes remparts de la République.
Les révolutionnaires, les antifascistes et les insurgés sont estampillés « éco-terroristes », haineux ou menaces pour la nation.
La violence structurelle de l'État et du Capital est qualifiée d'« ordre démocratique », tandis que la légitime défense des opprimés est assimilée à de la barbarie.
Tous les partis politiques, sans exception, participent à cette mascarade. Ils se querellent pour la gestion de la machine d'État, mais se rejoignent tous sur l'essentiel : la préservation du salariat, de la propriété privée et de la police.
La méthode Goebbels : Le fascisme, fils naturel du Capital
« Plus une société s'éloigne de la vérité, plus elle détestera ceux qui la disent. La propagande la plus efficace est celle qui attribue à l'ennemi ses propres crimes. »George Orwell, 1984
Cette stratégie du miroir déformant applique à la lettre le principe théorisé et mis en pratique par le ministre de la Propagande nazie, Joseph Goebbels : « Accusez vos ennemis de ce dont vous êtes vous-même coupable. »
Le fascisme n'est pas une anomalie ou une rupture avec le système capitaliste : il en est le produit logique et la roue de secours en période de crise. Quand le taux de profit augmente et que la contestation gronde, la bourgeoisie sort le bâton fasciste. En imputant aux mouvements sociaux la violence, la censure et le fanatisme qu'il exerce lui-même au quotidien via la police et la justice, l'État paralyse les consciences. Le bourreau étatique se pose en victime et accuse la résistance de détruire la société.
Briser le miroir, détruire l'État et le Capital
« Mais la liberté, c'est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Si cela est accordé, tout le reste suit. »George Orwell, 1984
Face à cette offensive permanente contre la vérité et nos vies, aucune réforme des médias, aucun bulletin de vote et aucune transition pacifique ne nous sauvera. On ne négocie pas avec un appareil de propagande ; on ne réforme pas un système basé sur l'exploitation : on les détruit.
L'émancipation ne viendra ni des urnes, ni d'un changement d'actionnaires ou de ministres. Elle surgira de l'action directe, du sabotage des outils de domination, de l'auto-organisation à la base et du refus absolu de toute autorité. Éteindre leurs télévisions n'est que le préalable. C'est l'État, le Capital, leurs médias et leurs chiens de garde fascistes qu'il s'agit de balayer définitivement dans la ronce de l'insurrection.



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